Association de soutien à l’action de Philippe Pichon

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Solidarité Citoyenne
Tribune de l'ADSAAPP

Le commandant Philippe PICHON doit être réintégré

dans la Police nationale !

 

 

Réunis au sein de l'ADSAAPP (Association de Soutien À l'Action de Philippe Pichon), nous avons décidé d’apporter une aide collective au commandant honoraire Philippe Pichon afin qu'il réintègre les cadres de la Police nationale dont il a été définitivement exclu le 9 décembre 2011, malgré une carrière reconnue exemplaire.

 

         Association de citoyens indignés, nous estimons que le commandant Pichon a fait l’objet, depuis plusieurs années, d’un acharnement politique particulièrement injuste en raison de ses seuls engagements de policier républicain. Et cela ne peut plus durer.

 

Si, en 2008, il a volontairement transgressé son devoir de réserve en divulguant dans la presse et avec l'accord des intéressés les fiches du fichier STIC concernant J. Hallyday et J. Debbouze, afin de démontrer que ce fichier contenait des informations illégales, tout le monde sait aujourd'hui que ce geste fut désintéressé et ne fut jamais que celui d’un lanceur d’alerte citoyen.

 

         En effet, le commandant Pichon a voulu alerter l’opinion publique des dangers qu’encouraient les citoyens et justiciables dont les faits et gestes consignés dans ce fichier les rendent toujours suspects, même ceux qui estiment n’avoir rien à se reprocher. La CNIL a maintes fois confirmé la justesse des affirmations de Philippe Pichon. Elle a récemment démontré que s’était accentuée la proportion des mentions erronées (79%) concernant les suspects et les victimes mentionnés dans ce fichier.

 

Pourtant, l’administration policière est restée intransigeante ; elle a préféré se débarrasser d’un gêneur plutôt que de reconnaître le courage d'un de ses cadres et les dangers d'un outil de travail contestable.

 

         L’ADSAAPP relaie l’action du lanceur d’alerte en militant à ses côtés pour l’abrogation du fichier STIC. Car, loin de protéger la population, ce fichier et d’autres de même nature représentent, au contraire, un risque réel et accru d'atteintes aux libertés de tous. 36 millions de citoyens sont à ce jour répertoriés dans cette immense mémoire, sale car jamais nettoyée. C’est une mémoire policière de suspects virtuels, juridiquement innocents, tant qu’ils n’ont pas été définitivement jugés.

 

         Abolir le fichier STIC, ce n’est pas vouloir déposséder la police d’un outil de travail plus que discutable. C’est surtout obliger les citoyens et les magistrats à vouloir améliorer l’efficacité du seul outil actuellement fiable : le Casier Judiciaire National (CNJ). En effet, le CNJ est le seul instrument démocratique qui rende compte des antécédents judiciaires des personnes condamnées par la Justice. C'est le seul outil efficace de lutte contre la récidive légale, ce que n’ont jamais été les fichiers de police.

 

La situation matérielle et financière de Philippe Pichon étant aujourd’hui dramatique, l’ADSAAPP demande à celles et à ceux qui partagent ses convictions de l’aider par un don valant adhésion. Nous devons le soutenir jusqu’à ce que l'actuel ministre de l’Intérieur, qui ne peut être solidaire des décisions infondées prises par son prédécesseur à l'encontre de ce brillant policier, le réintègre au sein des cadres de la Police Nationale, dans des fonctions à la hauteur de ses compétences et de son intégrité.

 

 

Signataires :

Christian Bourdet (informaticien), Hélène Franco (magistrate), Virginie Gautron (maître de conférences en droit pénal à l'Université de Nantes), Suzanne Hermance (militante associative), Xavier Lameyre (magistrat), Frédéric Ocqueteau (directeur de recherche CNRS), membres fondateurs de l'ADSAAPP

 

 

 

 

 

 

 

Tribune parue dans Libération (le 30 novembre 2012) et dans Mediapart (le 29 novembre 2012)